Flat design: Comment Apple est tombé dans le piège

Hervé Collignon Blog

Bon! Autant vous le dire, je suis un grand fan d’Apple. Ceux qui me connaissent risque d’être légèrement surpris par mon cynisme, mais je ne pouvais pas non plus ne pas réagir. Apple est connu pour définir ce que sera le futur de la technologie et surtout pour sa grande capacité à rendre la technologie intuitive, facile d’usage, d’aucun dirait démocratique. Apple est définitivement la société qui a permis de reveiller l’artiste caché en chacun d’entre nous. Alors que vient il de se passer au juste? Est-ce que ces deux dernères années de bataille sur le « skeumorphism » contre le « flat » design sont juste un énorme piège dans lequel Apple vient de tomber?

Lorsque j’étais chez IBM en tant que Design Manager, une chose parmi d’autre m’a surpris et surtout fasciné. Lou Gertsner était à l’époque le PDG d’IBM et nous étions au début d’internet (1996). Le navigateur était-il le futur d’intenet? Etait-ce la machine en elle-même (probablement Apple aurait répondu oui à l’époque)? Ou était-ce le Système d’Opération de l’ordinateur lui-même? Probablement aucun d’entre eux, ou tous à la fois.

Alors que fit Lou Gertsner? Il fit ce que Napoléon fit en son temps avant la bataille d’Austerlitz,. Il définit le champ de bataille et piégea ses ennemis en les incitant à venir se battre sur le terrrain qu’il avait pris soin de choisir. Ainsi, il avait toujours une longueur d’avance. Il avait une parfaite connaissance des contraintes et des conditions qui le conduirait à la victoire. De même, Lou Gertsner a délimité là oú se situreait la prochaine bataille technologique. Le futur d’internet serait une révolution (technologique mais pas seulement) qui placerait internet au même niveau que l’accés à l’eau et à i’élèctricité. Cela deviendrait une commodité dont personne ne voudrait plus se passer. Internet permettrait de faire des choses que jamais nous aurions pensé pouvoir faire. 20 ans après nous pouvons tousnous accorder pour dire qu’il avait raison. En cela Lou Gertsner (et probablement la batterie de conseillers qui gravitaient autour de lui) a été particulièrement visonnaire et intelligent. Ce champ de bataille s’appelerait désormais le « e-business » et serait à l’origine d’une vraie transformation de la société. Il ne s’agissait donc plus de quels outils nous utiliserions pour surfer sur internet, mais qui serait celui qui permettrait de mettre en oeuvre cette révolution (principalement, dans le cas d’IBM, les gros serveurs et les solutions software e-business, du moins au début). A l’époque nous avions même crée un logo pour s’approprier ce champ de bataille. Il fallut un peu de temps avant que nos concurrents comprennent que nous avions raison et qu’ils avaient interets à se dépêcher pour nous rattraper. A mon avis, Microsoft ne réussit jamais à revenir dans la course, quant à Netscape (pour ne citer qu’eux) qui se souvient de ce navigateur?

Aujourd’hui, Apple s’est fait gentiement piéger et de la même façon. C’est peut-être là la revanche de Microsoft. Jonathan Ive a peut-être du céder à la pression du Marketing, ou n’a t il seulement rien vu venir. Mais pour moi une chose semble évidente, si l’on copie son principal concurrent, on se met en position de suiveur. Et ça ce n’est pas bon pour Apple, pour sa réputation, pour son aura. C’est un très mauvais message envoyé à tous.

 

Apple a la légitiimité et la capacité à innover, à inventer de nouvelles façons de faire les choses. Alors qu’aurait il du faire? Tout sauf du « flat » design!

Quand on a été la société qui s’est réinventée autour d’une campagne de publicité où l’on disait: « Think Different » en se servant de personnages célèbres qui ont fait leur ce leitmotiv, alors on ne peut pas répliquer ce que les autres font, on se reinvente tout simplement. Je sais que c’est facile à dire et sûrement encore plus difficile à faire, mais Jonathan Ive n’est il pas après Steve Jobs celui à qui l’on doit l’iPod, l’iPhone et l’iPad?

Avec tout le respect que j’ai pour toi Jonathan, s’il te plait, retourne à la planche à dessin. Allez Johnny, vas-y!